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Nos rivières aux enchères

Selon M. Cormier, cette étude permet d'évaluer le potentiel de développement économique de la région, et il souhaite ainsi que la population lui fasse confiance dans une perspective de développement durable. Il souligne par ailleurs l'arrivée des promoteurs dans la région et le besoin de gérer ce développement anarchique.

En matière de développement anarchique, le préfet de la MRC a parfaitement raison. Depuis que le gouvernement du Québec a relancé, trois semaines avant les élections de l'automne dernier, les petites centrales privées, les promoteurs courtisent les élus locaux de la Côte-Nord, avec la bénédiction du gouvernement du Québec. Rien ne semble en effet bloquer ces projets. À preuve, le rapport plus que critique du BAPE sur le projet Franquelin a été balayé du revers de la main par le gouvernement Charest.

Au plus offrant!

Nos rivières sont littéralement offertes au plus offrant. J'ai dernièrement déniché un site Web qui tient une liste de l'ensemble des projets de petites hydrauliques mis aux enchères sur le Web international. Génivar justement, responsable de cette supposée étude, en est membre, tout comme Axor, Hydroméga, Regional Power et quantité d'autres promoteurs dans le domaine hydroélectrique de petite puissance et de grosse envergure.

Les rivières énumérées dans l'étude de

95 000 $ de la Minganie, et bien d'autres encore, font partie de cette liste Web. Le préfet de la MRC aurait économisé 95 000 $ de la poche des contribuables s'il avait consulté ce site. Je crois plutôt que cette dépense fait partie d'une stratégie bien orchestrée entre élus et promoteurs pour nous «vendre du développement durable économique».

Il ne reste plus beaucoup de cours d'eau qui sont à l'abri des financiers. Ces gens n'ont aucun souci de préservation, mais de l'intérêt pour le rendement financier. Il faut que les préfets, maires et ministres cessent immédiatement cette collaboration avec des promoteurs qui se servent d'eux comme paravents.

Mobilisation

La planète est en perdition et les derniers paradis sont menacés par les financiers. Nos élus sont en train de détruire la Côte-Nord et la Minganie et croient naïvement qu'il est possible de faire des barrages tout en sauvant les poissons. Qu'ils relisent le rapport Doyon.

S'il n'y a pas de mobilisation rapide des citoyens pour arrêter les élus et promoteurs, nous perdrons tout dans cette mésaventure: loisirs liés à la pêche, canotage, saumons, qualité de notre environnement et paysages formidables qui font l'envie des touristes. Tout en augmentant les risques comme le déluge du Saguenay, dont l'origine n'est pas liée aux pluies diluviennes, mais bien à la mauvaise gestion des barrages.


Source: Jacques Gélineau, Membre du Parti vert du Canada et du Québec

Le Devoir, édition du mercredi 03 juin 2009

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